Stage de Kirsten Gong à l'Institut de recherche en santé mentale de l'Université d'Ottawa, au Royal
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au Consortium canadien de recherche sur le sommeil pour avoir soutenu mon séjour d'échange au sein du laboratoire de la Dre Rébecca Robillardà Ottawa, en Ontario. Bien que la Dre Rébecca Robillard soit ma co-directrice de thèse, c'était la première fois que j'avais l'occasion de passer suffisamment de temps dans son laboratoire, de travailler en étroite collaboration avec son équipe de recherche et d'acquérir de nouvelles compétences précieuses en matière de recherche, en présentiel.
Les données électroencéphalographiques (EEG) sur lesquelles j’ai travaillé ont été recueillies sur une période d’environ 7 ans auprès d’anciens combattants souffrant de SSPT et de sujets témoins en bonne santé. L’activité cérébrale a été enregistrée au cours de deux tâches auditives de 10 minutes chacune, d’abord avec des fréquences de présentation des stimuli rapides, puis lentes. Au cours de ces cinq jours, j’ai approfondi mes connaissances en théorie des ERP, maîtrisé les étapes de prétraitement à l’aide de BrainVision Analyzer et appris à analyser et à interpréter les résultats des ERP.
Les faits
Qui ? Kirsten Gong, doctorante à l'université Concordia
Directrice de thèse : Dr Thien Thanh Dang-Vu, Laboratoire du sommeil, de la cognition et de la neuroimagerie (SCNLab)
Qu'est-ce que le programme d'échange de laboratoires du Consortium canadien pour la recherche sur le sommeil ? Programme d'échange de laboratoires du Consortium canadien de recherche sur le sommeil
Quand ? Août 2026
Où ? Unité de recherche sur le sommeil, Institut de recherche en santé mentale de l'Université d'Ottawa à l'Hôpital Royal et Équipe « Insomnie et santé mentale »
Chercheurs associés : Dr Rébecca Robillard et Dr Paniz Tavakoli
Pourquoi ? Pour suivre une formation sur le prétraitement des données électroencéphalographiques (EEG) brutes en vue de l'analyse des potentiels liés à un événement (ERP), ainsi que sur l'analyse des données ERP.
Élargir ma boîte à outils méthodologique
L'un de mes projets de recherche dans le cadre de ma thèse de doctorat vise à déterminer s'il existe des différences en matière de connectivité fonctionnelle au repos et d'activité cérébrale lors d'une tâche personnalisée liée à des mots entre des anciens combattants souffrant d'un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et des sujets témoins en bonne santé. Bien que mon expertise principale porte sur l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et la polysomnographie, j'ai souhaité élargir mes compétences. Pour ce faire, j’ai choisi de travailler sur la même étude-cadre que celle sur laquelle porte ma thèse, mais en utilisant une méthode que je n’avais jamais eu l’occasion d’apprendre jusqu’à présent : les potentiels évoqués (ERP).
Des signaux bruts aux éléments pertinents : un parcours de 5 jours pour s'initier aux analyses ERP
Jour 1 : À mon arrivée au Royal, j’ai été accueillie par le Dr Rébecca Robillard et je me suis rendue au laboratoire. Avec quelques assistants de recherche et des étudiants, nous avons ensuite participé à un atelier de trois heures sur les ERP, animé par l’ancien post-doctorant du Dr Rébecca Robillard, le Dr Paniz Tavakoli. Outre les fondements théoriques des ERP (notamment leur définition, leur mode d’évocation, les zones où ils sont les plus prononcés, leurs différentes composantes (par exemple, N1 et P2) et les paradigmes simples), nous avons appris à organiser le jeu de données et à prétraiter les données EEG à l’aide de BrainVision Analyzer. Le Dr Paniz Tavakoli a détaillé méticuleusement chaque étape du processus de prétraitement, en exposant à la fois la procédure et son raisonnement, à l’aide d’un ensemble de données réel issu d’une étude mère plus vaste. À la fin, nous avons discuté en groupe des questions que nous avions. J’ai ensuite rencontré le Dr Paniz Tavakoli en tête-à-tête pour aborder mes questions spécifiques ainsi que le programme de la semaine. Je me suis ensuite exercé au prétraitement des données sur plusieurs sujets à l’aide d’un espace de travail de test avant de commencer le prétraitement de l’ensemble des données dans l’espace de travail réel.
Jour 2 : Comme la base de données comptait de nombreux sujets et qu’il y avait deux tâches par participant, j’ai passé toute la matinée à poursuivre le prétraitement des données. L’après-midi, j’ai ensuite eu un entretien individuel avec le Dr Paniz Tavakoli afin de discuter des questions qui subsistaient après avoir commencé le prétraitement par moi-même. Le Dr Paniz Tavakoli m’a montré comment extraire d’autres paramètres que l’amplitude des différentes composantes ERP, tels que la latence.
Jour 3 : Après avoir prétraité l’ensemble des données, j’ai extrait l’amplitude et la latence des différentes composantes pour chaque groupe, puis pour chaque participant. J’ai constitué un ensemble de données dans Excel et SPSS contenant les valeurs extraites ainsi que les données démographiques et celles issues des questionnaires d’auto-évaluation. Cela m’a permis d’ajouter des covariables à mes modèles linéaires ou d’effectuer des analyses de corrélation avec les données comportementales. J’ai ensuite créé un script R pour effectuer les analyses statistiques et tracer des graphiques.
Jour 4 : J'ai exécuté le script R, analysé les données, puis ajouté des tableaux et des graphiques à une présentation PowerPoint. J'ai également aidé à récupérer certaines données manquantes issues des questionnaires d'auto-évaluation, tout en signalant celles qui me faisaient encore défaut. Cette étape s'est avérée extrêmement importante et utile, car une partie de ma thèse s'appuie sur ce même ensemble de données. J'ai également effectué quelques analyses de corrélation exploratoires entre les mesures ERP et les données issues des questionnaires d'auto-évaluation.
Jour 5 : Lors de mon dernier jour, j’ai de nouveau rencontré le Dr Paniz Tavakoli afin de discuter de mes questions concernant les résultats que j’avais obtenus et de l’interprétation possible de ces derniers. J'ai présenté les résultats de mes recherches lors d'une réunion hybride, au cours de laquelle j'ai fait mon exposé sur place tout en diffusant simultanément la séance aux participants à distance via Zoom. À l'issue de la présentation, nous avons mené une discussion de groupe sur les résultats et évalué les prochaines étapes possibles. Nous avons notamment évoqué d'autres analyses pouvant être réalisées à partir du même ensemble de données, ainsi que la possibilité de poursuivre ces travaux à Montréal. De plus, nous avons découvert les applications pratiques des analyses ERP dans un contexte clinique.
Et maintenant ?
Même si mon stage au laboratoire est terminé, ce n’est pas la fin. J’ai hâte de poursuivre ce travail parallèlement à mon doctorat ou une fois celui-ci terminé, et j’espère contribuer à sa publication à l’avenir. Même si, pour l’instant, nous ne collectons pas de données EEG pour des analyses d’ERP au SCNLab, je serais ravie de partager mes connaissances avec d’autres. Cette expérience m’a non seulement permis d’élargir mes compétences, mais m’a également ouvert de nouvelles perspectives professionnelles en faisant de moi une chercheuse mieux armée et plus complète. J’encourage de tout cœur tout étudiant qui envisage de participer à cet échange de laboratoire à franchir le pas.
Une fois encore, je tiens à remercier le Consortium canadien de recherche sur le sommeil pour cette formidable initiative, ainsi que le Dr Rébecca Robillard et le Dr Paniz Tavakoli pour leur soutien, leur accompagnement et le temps qu’ils m’ont consacré. Je tiens également à remercier ses assistants de recherche, ses étudiants et son personnel pour leur accueil chaleureux, leur gentillesse et leur aide. Je suis reconnaissante des merveilleuses amitiés qui se sont nouées au cours de cette brève période de collaboration.